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Pas d'Eros Center à Liège: où vont aller les 184 prostituées de Seraing qui pensaient revenir?

Comme nous vous l’annoncions cette semaine, il n’y aura donc pas d’Eros Center à Liège, à l’inverse de Seraing. Cette non-décision de la Ville de Liège n’est pas sans conséquence pour d’autres acteurs du problème.

Les travaux du futur Eros-Center vont bientôt débuter.

Ainsi, lorsque Willy Demeyer avait fait fermer les salons situés derrière la Grand Poste en avril 2009, leurs occupantes avaient déménagé en masse vers la rue de Marnix à Seraing. « En quelques semaines, le nombre de prostituées à Seraing était passé d’une centaine à 284 !, rappelle le bourgmestre serésien Alain Mathot. Et nous n’étions pas armés pour gérer cet afflux massif. Je n’allais pas engager 10 policiers supplémentaires. »

Le bourgmestre liégeois avait à l’époque promis d’ouvrir rapidement un Eros-center dans sa ville pour que ces prostituées liégeoises puissent revenir y exercer. Mais le projet a tellement tardé (jusqu’à être désormais abandonné) qu’Alain Mathot avait décidé de passer à l’action.

« Historiquement, Seraing a toujours eu une centaine de prostituées à gérer, reprend-il. Et je suis d’accord de les tolérer. Mais Seraing n’est pas destinée à accueillir toute la misère du monde. J’ai donc aussi lancé le projet d’un Eros-Center de 34 chambres. À raison de trois pauses de 8 heures, cela fera une centaine de places. »

Et dès qu’il sera ouvert, il interdira purement et simplement la prostitution dans les maisons de la rue du Marnix, aujourd’hui carrément insalubres.

Et les autres alors, où iront-elles ? « Ah, c’est bien ça le problème. Théoriquement, elles devaient revenir dans l’Eros Center de Liège. Si ce n’est pas possible, elles iront sans doute dans la rue ou dans la clandestinité. »

Pour le député bourgmestre de Seraing, le problème devrait être étudié à l’échelon de l’agglomération liégeoise. « C’est un peu facile de la part des autres communes de décider de l’interdiction totale en laissant les problèmes aux autres. Si chacune prenait sa part, ce serait plus simple. Maintenant, je comprends bien le problème pour Willy Demeyer de ramener le dossier à l’échelle de l’arrondissement. Alors que lui-même n’a pas obtenu de majorité à Liège… »

On le voit, ne pas construire l’Eros-Center ne résout rien. Le problème reste entier et on ne voit poindre aucune autre solution de remplacement…

Les prostituées de Liège: "Nous sommes bien contentes qu’il n’y ait pas d’Eros Center!"


Le moins qu’on puisse dire, c’est que le projet Isatis aura fait des vagues dans le microcosme politique liégeois. Dès son annonce en 2009, ce projet de rassembler 150 prostitués (hommes, femmes et transsexuels) dans un lieu sécurisé géré par l’ASBL Isatis avait divisé les élus. D’un côté, Ecolo et le MR plutôt favorables ; de l’autre le PS, mitigé, et le CDH, opposé au projet.

Cette semaine, le groupe local Ecolo n’a pas hésité à qualifier l’abandon de l’Eros Center de « sortie honteuse », accusant la Ville de contourner le problème tandis que le MR parle de « phénomène prostitutionnel négligé ». Un avis que ne partagent pas les prostituées que nous avons rencontrées rue Varin.

Pas envie de changer d’endroit

Malgré l’heure matinale, elles étaient déjà à leur poste ce vendredi vers onze heures, exposées aux regards alléchés des passants.

Sandra commence à travailler dès 9 heures. Impeccablement coiffée et maquillée, elle se lime les ongles d’un air las en attendant le client. « Moi je suis très bien ici, ça fait 4 ans que je travaille rue Varin. Je n’avais pas du tout envie de devoir changer d’endroit. On est en sécurité ici, on a nos habitués. Si le projet s’était concrétisé, j’aurais changé de travail, pas question de déménager dans un « parc d’attractions à putes », s’indigne la jeune femme

Tag(s) : #info du jour

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