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LE SCAN POLITIQUE- Le député européen EELV, héraut de la lutte anti-OGM, raconte dans la revue Charles ses séjours en prison.Et livre des anecdotes détonantes.

«J'étais un prisonnier atypique». À la lecture de son expérience derrière les barreaux, cela ne fait pas de doute. Dans le nouveau numéro de la revue Charles, à paraître mercredi 1er avril, consacré aux liens entre la justice et la politique, l'emblématique José Bové revient en détail sur ses quatre incarcérations, jusqu'à sa grâce présidentielle en 2003.

Dans son long récit, qui s'étend sur quatre pages, l'activiste devenu député européen écologiste insiste sur le bruit et l'angoisse qui règnent en prison et sur son statut particulier de militant prisonnier. «La prison est la continuité de l'action. Etre en prison participe de la mobilisation et la prolonge», explique José Bosé, qui ne se «sentait pas coupable de quoi que ce soit».

Le fondateur de la Confédération paysanne s'est fait incarcérer une première fois en 1976 avec 22 autres personnes pour avoir volé des documents concernant un projet d'extension du camp militaire du Larzac. En détention préventive à la prison de Rodez, il met au point avec ses camarades un règlement intérieur. «Nous nous sommes fixé des heures de silence, pour que les gens puissent avoir un peu la paix», raconte-t-il. Il se souvient: ce règlement «a un peu déconcerté les gardiens qui venaient».

La «sympathie» des gendarmes

En 1999, poursuivi pour avoir démonté un McDo à Millau, José Bové se rend et est emmené en prison. L'écolo assure que son action était très populaire dans la région, à tel point que les gendarmes lui auraient manifesté leur sympathie d'une façon étonnante. «Ils avaient préparé une glacière, avec des bières et une boîte de cigares, et depuis Millau jusqu'à la prison, pendant une heure et demie, nous avons bu des bières et fumé avec les gendarmes», se souvient-il.

Autre anecdote savoureuse: alors que le juge lui propose la liberté sous caution, le frondeur Bové refuse. «Vouloir me libérer en me faisant payer une caution, comme dans un très mauvais feuilleton américain, non», raconte-t-il. Mais la justice ne l'entendait pas de cette manière: «Je me suis retrouvé dans une situation marrante, puisque pendant plus d'une semaine, tous les matins, le directeur de la prison venait me supplier de payer la caution pour sortir. En fait, c'est moi qui décidais quand j'allais sortir. Un vrai pied de nez à la justice et à l'administration», analyse-t-il, quinze ans après. «C'était cocasse».

La visite d'Ayrault

Si les visites au parloir de sa famille, alors que sa fille n'avait que quelques mois en 1976, lui laissent un souvenir assez dur, il raconte comment, en 2003, sa nouvelle arrestation provoque un «pataquès» politique. «J'ai eu presque tous les jours un député d'opposition qui venait me rencontrer dans ma cellule», narre-t-il. Il se souvient notamment de la visite de l'un d'entre eux: Jean-Marc Ayrault, alors député de Loire-Atlantique. «C'était la première fois qu'il mettait les pieds dans une prison. Comme la prison n'était pas proche de Paris, ils ont organisé une sorte de rotation à l'Assemblée nationale», explique l'élu. «Une vraie solidarité».

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